Une réflexion sur le fleuve Sénégal : Des idées et de l'audace!

Une petite promenade matinale sur la corniche, m’a permis de me poser la question de savoir : Que serait le Sénégal sans le fleuve ? Du point de vue de l’environnement et de la nature le fleuve Sénégal est une merveille que nous n’arrivons pas à exploiter et à mettre en valeur.

Très souvent nous nous limitons sur son rôle de frontière au nord avec la Mauritanie. Hélas ! Nous devons réfléchir davantage sur ses innombrables atouts à l’image de l’Egypte qui se glorifie du Nil, d’Amérique du Sud avec le fleuve Amazone, du Moyen Orient avec la Mésopotamie termes grec “meso” (au milieu de) et “potamós” (fleuve) qui désigne une terre “entre les fleuves”. Pour l’histoire, il faut se rappeler que la Mésopotamie s’est développée grâce aux communautés sédentaires qui ont su utilisé tout le potentiel de ses fleuves.

Ces exemples, sur l’utilité des fleuves, montrent combien il est important pour la relance post Covid-19 de notre tourisme, de travailler sur la mise en tourisme du fleuve Sénégal et de l’évènementiel.

Faut-il le rappeler, le Sénégal serait un pays désertique dans sa partie nord si le fleuve n’existait pas, ou peut-être il serait déjà englouti par le sable. Le fleuve Sénégal est un coupe-désert comme un coupe-feu l’est pour un feu de brousse ou un brise-lames l’est pour la furie des vagues. Mais au-delà de son aspect environnemental, il présente un produit agrotouristique, pastoral et aquatique d’une grande utilité ou différentes activités économiques pourraient se développer y compris l’hébergement touristique.

Nous disons très souvent, que le grenier du Sénégal est la Casamance. Mais la vallée du fleuve Sénégal est l’âme du pays sur tous les plans : Qu’il soit économique, culturel, historique, ou géographique. Elle possède un climat favorable à plusieurs types d’activités économiques qui la distingue des autres régions.

D’ailleurs, l’eau d’une grande partie des populations vient du lac de Guiers. Et ce serait une grande innovation à travers les pôles de démarrer la relance post Covid-19, sous le thème du tourisme rural et de l’agrotourisme.

Le Pôle Nord : Saint Louis, Matam, Louga étant le parent pauvre des investissements en infrastructures touristiques, mériterait une attention particulière dans la stratégie de diversification des produits, et de la politique d’équilibre en terme de financements. Il ne serait pas hasardeux d’y réfléchir puisqu’il existe déjà un centre de formation aux métiers du tourisme de niveau international à Gandon qui devrait former tous les acteurs du pôle nord.

De cette réflexion, la piste du tourisme de campagne, du tourisme intégré, trouve une nouvelle forme de ruralité heureuse qui permet de développer des activités endogènes de grande consommation. Il nous faut promouvoir une forme de tourisme endogène, inclusif, contrôlé en majorité, par des nationaux patriotes et sérieux.

Le préalable à toute stratégie de mise en marché de notre tourisme c'est d'abord promouvoir une politique de tourisme local non extravertie. Voilà une question qui me revient souvent, ou l’on me demande mon coup de cœur au Sénégal. Je réponds : Le Sénégal avec le sourire et l’embarras du choix, car le Sénégal est une merveille dans son ensemble qui offre une multitude de merveilles.

Mettre en place une équipe de chercheurs, et de consultants, d’experts, d’acteurs Sénégalais expérimentés pour une veille continue sur toutes les questions qui touchent le tourisme est à mon avis l’une des premières priorités. Car c’est autour de la réflexion et des échanges que se construit le tourisme, avec des thématiques variées, qui nous permettront de construire solidement le socle de notre tourisme, puisque l'appétit de l'ambition et de la recherche n’est jamais rassasié.

Intégrer le potentiel de développement économique, que représente le tourisme domestique, rural, patrimonial, culturel et médical pour de très nombreux pôles touristiques devrait être la nouvelle stratégie de promotion de notre tourisme.

Valoriser notre patrimoine par le tourisme écologique ; la montée en qualité de l'offre hôtelière et des infrastructures, avec des pistes cyclables, les transports en bus de confort sécurisés, l’investissement dans le numérique et la recherche sont des pistes à ne pas négliger pour consolider notre position de leader dans la sous régions.

Si nous voulons, nous pouvons ! les Africains ont mieux géré la Covid-19 que les pays d'Europe occidentale, par conséquent, le tourisme médical devrait également être mis en évidence par notre pays pour développer ce segment à Mbodiène ou la Pointe Sarène.

En ce qui me concerne pour 2021, les vacances de cet été c'est au Sénégal à l’intérieur du pays et cela doit être un acte citoyen. Un credo qui pourrait être un bon slogan

La collaboration avec notre premier marché émetteur devra se poursuivre sous des formes qui réduisent sensiblement la dépendance du tourisme sénégalais des pays émetteurs. Il nous faut des efforts, pour positionner la destination Sénégal à travers nos symboles et notre culture. (Miss Sénégal, costume et bijoux, artisanat dans toutes ses composantes, cuisine locale, musique et dance). Pour que les communautés locales puissent vivre du tourisme, nous devons les faire participer au programme de réflexion, de partage et d’immersion dans le milieu naturel, qui met en évidence et à l’épreuve notre savoir-faire et notre savoir être.

Pour accompagner les acteurs, il faut se départir du système actuel et de la façon de les endetter. Ce système met les acteurs dans une situation de trésorerie souvent très tendue en même temps qu’il nous renseigne sur le caractère très extraverti de notre économie touristique au-delà de ses contractions qui ne permettent aucune amélioration dans le revenu des travailleurs et de l’Etat.

Mouhamed Faouzou Dème
Expert en Tourisme

 

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